samedi 23 janvier 2010

Cours de latin : Bis Repetita.

Deuxième semestre à l'Université de la Nouvelle-Orléans.

Programme dense : 3 cours par semaine, en plus de mon boulot de prof. Mais j'aime ces semaines surchargées.

L'un de mes cours, portant sur la mythologie gréco-latine puisée au coeur des textes sources (en latin donc, pour la plupart), s'annonce comme un vrai challenge : le cours est enseigné par un professeur espagnol, en anglais, qui émaille son discours de latin ...

Je traduis : un anglais marqué par un fort accent espagnol et par des intermèdes en latin, est la langue d'apprentissage de ce cours.

Je traduis encore : c'est l'enfer...

Quoique le cours soit extrêmement intéressant, le professeur extrêmement qualifié, les textes extrêmement légitimes et fondateurs, il s'agit là pour moi d'un cours qui va nécessiter une remise à niveau en latin des plus urgentes. Et tout ça n'est pas sans me rappeler ces magnifiques années à l'Université de Reims où, nulle en latin depuis le premier jour, j'y ai obtenu le seul zéro de ma scolarité. Enfin.

Mais c'est l'une des caractéristiques des Universités aux Etats-Unis : les profs y sont d'horizons très divers et apportent une culture personnelle nouvelle. Ils sont américains spécialistes de Shakespeare et traducteurs, Français et musiciens, sociologues et amoureux de Proust, Espagnols spécialistes des langues romanes, fascinés par Les Mémoires d'Hadrien, parfaitement trilingues pour la plupart, linguistes éclairés évidemment, farfelus bien sûr.

On y est en contact permanent avec des gens très à l'écoute, beaucoup plus qu'en France, désireux de partager, d'aider, d'encourager.

J'ai hâte d'être jeudi prochain.

samedi 9 janvier 2010

Même dans les bonnes écoles...

Entendu hier midi alors que je pressai les derniers gamins qui finissaient de manger et que je surveillai dans la cafeteria :

elle : "You rush me 'cause I'm Black!"

moi : "No, I don't rush you 'cause you're Black, I rush you 'cause you're slow, girl !"

Même dans les bonnes écoles, certains élèves Noirs ont une facilité démoniaque à avancer cet argument invalide du racisme pour tout et n'importe quoi, renforçant constamment cette scission omniprésente entre les deux communautés. Quel dommage.

lundi 4 janvier 2010

Etre prof dans une bonne école

Etre prof dans une bonne école de la Nouvelle-Orléans n'a, vous devez commencer à le savoir, rien à voir avec le rôle de prof dans une bonne école française. Quelques exemples :

- Les élèves vous font des hugs (=câlins) et vous prennent dans leur bras à tout bout de champs. Pour dire bonjour, pour dire au revoir, pour la nouvelle année, pour le début des vacances, pour vous signifier qu'ils sont contents. La plupart du temps, les profs français ont la réputation de ne pas "accepter les hugs", pudeur franco-française oblige, et donc les élèves testent vos limites concernant cette manifestation de sympathie. Pourtant, sitôt qu'ils sentent une faiblesse, une vulnérabilité de jour de grande fatigue, un relâchement, ils foncent et vous vous retrouvez avec une grappe de 5 à 6 élèves pendus à vos manteaux. Un peu comme au centre aéré quand vous étiez "l'anim" des 4-6 ans, en somme.

- Les élèves vous aiment. Et ça n'est pas une mince différence. Une bonne note, une récréation imprévue, un petit moment sympa au cours de la séquence, et les I love you pleuvent sur vos épaules attendries.

- Les mères d'élèves organisent des goûters, pour tout et pour rien, et réclameront même si vous avez eu le tort de ne rien organiser par vous-même arrivé au mois de décembre. Régulièrement, vous verrez donc débouler une mère d'élève dans votre salle de classe, les bras chargés de victuailles (doritos, sandwich triangles, philadelphia cheese, Dr Peppers) qui, le sourire aux lèvres, vous dira "Have fun!" avant de repartir en ayant au préalable embrasser bruyamment sa fille de 15 ans.

- Les élèves vous offrent des cadeaux! Nous avons d'ailleurs enregistrer un record Arnaud et moi, lors des fêtes de fin d'année. Je laisse la photo parler d'elle-même.

Bouteille(s) de rhum, produits de beauté,
boîtes de chocolat (17!!), mugs, bijoux,
cadres, déco
de noël, seau à champagne
à l'effigie des Saints de la Nouvelle-Orléans, vin, biscuits
(achetés et faits maison), etc, etc, etc.


Sympa le Noël des élèves cette année...

mardi 1 décembre 2009

L'Université de la Nouvelle-Orléans

Au terme d'un premier semestre dans une université américaine, certaines choses me semblent toujours si surprenantes que je m'en vais de ce pas en faire un petit bilan.

Je me suis donc inscrite au mois de juillet - bien après les dates butoires d'enregistrement en tant qu'étudiante internationale - pour faire un "Master of Arts and Romance Languages" (équivalent à un Master II en France, ou pour les plus vieux d'entre nous, à un DEA).

L'inscription d'abord : un parcours du combattant. Vous devez vous présenter à 5 bureaux différents avec vos documents d'expatriés, des traductions officielles de tous vos diplômes et relevés de notes en anglais (relevés que vous devez demander au préalable à vos facs en France parce que vous les avez paumés au cours de l'un des 5 déménagements qui ont jalloné vos premières années d'enseignement), traductions qui vous couteront 100 dollars par diplôme, deux à trois lettres de recommandations de vos professeurs en France, les papiers officiels signés par le Codofil attestant que vous êtes exempté des frais d'inscription (ce qui vous évitera de payer presque 6000 dollars par semestre) ; vous êtes ensuite invité au bureau d'enregistrement final où l'on vous donne les codes d'accès au site de la fac qui gère à peu près toute votre scolarité. Et vous mettrez à peu près autant de temps à maîtriser ce site qu'à passer votre master.

Les cours sont en anglais et en français pour la spécialisation en littérature (quoique les supports soient en anglais), et les étudiants américains qui sont candidats à ce master sont tous bilingues.

La première chose qui m'a frappée est la facilité et la légitimité avec lesquelles les étudiants remettent en cause un cours, une assertion ou une analyse de l'enseignant. Leur opinion vaut autant que celle d'un spécialiste, doctoré et expérimenté. Ok. Deuxième chose, apprise en prenant un café avec l'un de mes profs, il est demandé aux enseignants de ne pas "contrarier" les étudiants, et donc, de ne pas faire offense à leurs mauvaises réponses, à leur réparties spontanées ou à leur présentation baclée. Le prof conserve son droit de note, sans mauvais jeu de mot, mais les relations chaleureuses et sympathiques qu'on lui demande d'établir avec ses étudiants sont surprenantes : il sourit aimablement quand l'un lui répond "on a inventé la lumière" lorsqu'il pose la question "A quoi correspond l'année 1715?" (véridique...)

Et puis ily a deux jours : l'évaluation. Distribution d'un questionnaire évaluant le cours dispensé par le prof durant le semestre. Basé sur des critères tels que "l'enthousiasme" de l'enseignant, sa capacité à "articuler clairement", la "qualité de ses supports", sa "passion", la "densité de sa préparation", etc. En remplissant ledit quesitonnaire, j'ai repensé un sourire aux lèvres, à ce site crée il y a un ou deux ans en France qui permettait aux lycéens de noter leurs profs et qui a immédiatement été supprimé par voie légale. Et je me suis dit : on a bien fait...

mardi 24 novembre 2009

Halloween... Quoi, je suis en retard ?!



Un peu en retard donc (comme c'est de coutume sur ce blog...), je vous fais partager le week-end d'Halloween fêté il y a plus d'un mois, en même temps que le "Vaudou Fest", gros festival de rock de la Nouvelle-Orléans où les plus gros fans revêtent les déguisements les plus déjantés. Résultat, vous atterrissez sur une planète de bizarres dans une ambiance bonne enfant de vieux rock, recréee comme un village autour des 4 grosses scènes de concert qui ont accueilli entre autres cette année : Down, Kiss, Jeanne's addiction, Wolf Mother, et... Lenny Kravitz... Et oui, les filles, Lenny était parmi nous.

On s'est donc mis au diapason et on a sorti les gros outils. Dans la mesure où les déguisements cette année, c'était zéro idée (si l'on excepte Marge et Omer Simpson, trop jaunes ainsi que David Bowie et sa femme, trop blond pour Arnaud et trop mince pour moi) ; on a donc tout misé sur le maquillage. Et on a eu notre petit succès pendant le vaudou fest, photographiés par des touristes! La gloire!

Bon à savoir : les trois magasins de déguisements de Magazine Street sont bondés les jours précédents Halloween, et over bondés le jour même. Celui qui se trouve en face de la gendarmerie vous fera attendre parmi des dizaines d'autres clients sur le trottoir avant de vous faire rentrer par wagon de 15 au bout d'une bonne heure. A la Nouvelle-Orléans, on prend ça au sérieux!

dimanche 8 novembre 2009

New York

Je profite de ce samedi ensoleillé et chaud (27° degrés...) pour vous faire un petit compte-rendu du dernier petit voyage qu'on s'est offert durant les quelques de vacances d'automne que l'école à octroyé à ses enseignants pour la première fois. 5 jours d'enfer dans un superbe appartement de Tribekka, l'un des plus chouettes quartiers de New York.
De Soho à Greenwich Village, en passant par les boutiques de la 5th avenue, un picnique bio à Central Parc, l'Empire State Building par un temps parfait, la patinoire du Rockfeller Center, le Guggenheim Museum et l'expo Kandinski, le pont de Brooklyn et le ferry gratuit autour de la statue de la liberté, les rolleyeurs déguisés de Central Parc (encore), le Barnes and Noble géant du bout de la rue, l'appartement de De Niro jusqu'à côté du notre, les lumières de Times Squares, Harvey Kettel croisé sur le même trottoir, l'université : on a tout adoré. A refaire dès que possible.


Conseils pour ceux qui aimeraient y faire un tour :

- prévoyez une bonne somme d'argent liquide à la sortie de l'avion pour payer le taxi : un aller pour le coeur de Manhattan vous coutera près de 60 dollars.

- la 5th avenue est réputée pour ses boutiques et son shopping, mais vous ne trouverez là que des boutiques de luxe : allez plutôt faire un tour dans les petits rues des quartiers de Soho, Greenwich ou Little Italy, où vous trouverez de superbes boutiques.

- A partir du mois de septembre, prévoyez des vêtements chauds ; ça pèle.

- Faites les vrais touristes ; malgré la répulsion que ça nous inspire à tous, il y a des endroits qu'il ne faut rater sous aucun prétexte. Genre, le toit de l'Empire State Building.
- Si vous voulez allez faire un tour du côté de la Statue de la Liberté, sans pour autant grimper dessus, il existe plusieurs circuits de Ferry : la plupart vous prenne 12 à 15 dollars sans vous dire que la Staten Island Ferry, la compagnie que prennent les gens qui vont bosser sur Manhattan, est gratuite !

- Les locations sont évidemment hors de prix si vous voulez loger dans Manhattan même, mais faites un tour sur la Craigslist de New York, et vous trouverez surement quelque chose dans vos prix. Quels qu'il soient.

Je laisse les photos parler d'elles-mêmes...








MacDo avec mon beau-frère.

Picnic à Central Park.
Il fait beau, l'herbe est douce, la vie est
belle.






Times Square
en mode "priorité ouverture".





Ouragan en vue, again !




On the road again !

Bon non, pas vraiment encore sur la route d'une éventuelle évacuation, mais l'état d'urgence vient d'être déclaré par le gouverneur de Louisiane à l'approche de l'ouragan Ida.

L'ouragan vient d'entrer dans le golf du Mexique par le Mexique et est classé catégorie 2. Sur 5. Pas trop alarmant donc, mais les écoles publiques de la Nouvelle-Orléans sont fermées demain lundi aux élèves afin de laisser leur temps à leurs gentils professeurs de calfeutrer fenêtres et portes au cas où l'ouragan se déclare.

Ceci dit, peu d'inquiétude : la Nouvelle-Orléans est bien sur la trajectoire de l'ouragan, mais n'est pas censée être dans l'oeil du cyclone et les eaux froides du golf
se chargeront probablement de le dissiper. La saison des ouragans est presque terminée et d'habitude, les eaux du golf sont chaudes ce qui donne de l'ampleur à l'ouragan (et je n'ai aucun mérite, c'est Arnaud qui m'a appris ça). A voir, donc.