samedi 6 septembre 2008

L'auberge de Bella

Hébergés par une collègue américaine, Rachel - que nous remercions chaleureusement - qui possède une maison de famille dans les beaux quartiers de Memphis, nous avons séjourné dans un endroitmagnifique où chacun d'entre nous disposait de sa propre chambre. Oui, je sais. L'auberge proposait de plus un atout insolite indéniable en la personne de Bella. Le chien de la maison. 
Portrait : 6 mois, 90 pounds (40 kilos), des rastas naissantes et un irrépressible besoin de coller des filaments de bave aux quatre coins de vos vêtements. 
Arnaud est bien entendu tombé sous le charme de la bête et fera pénitence auprès de Mano dès que possible.

La route


Quand vous prenez la route pour traverser un ou plusieurs états, pensez à :
- Prendre de l'essence dès que vous voyez une station parce que vous ne savez jamais à quel moment vous allez en rencontrer une autre.
- Vous assurer que votre poste radio fonctionne : la route peut être tréééééééés longue si la personne à côté de vous dort.
- Doubler la durée des trajets estimée par vos compagnons américains : vous ne connaissez pas le chemin, vous respectez les limitations de vitesse (maximum 70 m/h = 110 km/h) et je ne sais pas pourquoi, c'est de toute façon toujours beaucoup 
plus long.
- Charger la batterie de l'appareil photo : même la route est parfois splendide ici. Photos prises au vol.


Re-tour

Quatre états plus tard, nous revoilà. 

Rappel des faits : vendredi dernier, nous prenions la route en compagnie de Marie-Hélène (celle qui avait déjà partagé l'annulation de notre vol à Roissy... A croire que c'est elle la poissarde...) et Loëtitia, notre guide au quotidien et amie. Notre destination : Memphis. Assez au nord pour éviter l'ouragan, assez intéressant pour qu'on puisse y passer plusieurs jours. Et ben mes aïeux, on ne s'était pas trompé! Nous avons passé les 5 premiers jours à écumer les concerts et les musées, et avons ensuite pris le chemin de Nashville, en se disant que tant que le Tennessee s'offrait à nous, nous allions nous offrir au Tennessee..

Pour la visite guidée, les photos, les rencontres, à tout de suite.

vendredi 29 août 2008

Préparer une évacuation

Ayant sagement écouté les conseils de ceux qui savent, nous avons décidé de partir entre minuit et une heure du matin. Nous sommes donc rentrés aujourd'hui après l'école dans le but de préparer les affaires et de dormir un peu avant de décoller.
Ci-après LA liste :
- Emporter les médicaments de premier ordre
- Acheter du désinfectant
- Acheter de l'eau
- Retirer de l'argent liquide
- Vider le frigo, laisser la porte ouverte et le débrancher
- Recharger tous les appareils électroniques ( téléphone, ordi portable, batterie en tout genre)
- Emporter tous les papiers importants (passeport, contrat d e travail, etc)
- Mettre en hauteur tout ce qui reste
- Protéger les fenêtres qui ici n'ont pas souvent de volets.

Et pour cette dernière directive, notre propriétaire qui vit juste à côté de chez nous a fait très fort.

Durant la deuxième phase de notre préparation - le roupillon- il a cloué aux baies vitrées donnant sur la rue ainsi qu'à la porte d'entrée, des planches et des plaques de bois qui en barricadent l'entrée, empêchant ainsi les gens d'entrer (comme ça a été le cas pour Katrina au moment des pillages) mais aussi de sortir... Nous !Fort heureusement, nous avons retrouvé la clé de la porte de derrière et en serons quitte pour faire un gentil petit tour de la maison avec nos bagages pour accéder à la voiture.

La théorie des jumeaux.

Message spécial aux jeunes mamans de notre entourage qui en plus, suivent activement notre blog : Nath (notre Beyoncé de collègue d'anglais), Flo (Notre alsacienne de collègue d'anglais), Marie (ma vieille moitié rémoise) et ma Maud ( à qui je pense tout particulièrement depuis qu'elle m'a annoncé qu'elle avait mangé chinois avec son homme il y a quelques semaines...).

Il y a ici un nombre incalculable de poussettes pour jumeaux devant les maisons et dans les magazins. Un nombre en tout cas bien supérieur à ce que l'on peut voir en France ; Loëtitia a donc développé une théorie qui ma foi semble tenir la route.

Soit 1. les hormones à haute dose contenues dans certains aliments telle que la viande, le lait ou le poisson, accentue physiologiquement les chances d'avoir des jumeaux.
Soit 2. les femmes américaines semblent être de grosses bosseuses qui privilégient peut-être leur carrière avant de construire un foyer avec enfant. Elles attendraient donc peut-être plus que les femmes européennes, et à la ville comme à la maison, ne souhaiteraient pas patienter derrière Mère Nature qu'elle se décide, plus lente passée un certain âge, à faire son oeuvre. Elles auraient donc recours plus facilement aux stimuli hormonaux d'où, admirable conclusion, le nombre assez répandu de jumeaux.

Vous pensez que je suis en plein fantasme ou que l'une ou l'autre de ces théories est plausible ?

Evacuation

L'ouragan arrive bien et nos écoles respectives ont fait passer l'information aujourd'hui qu'elles seraient fermées jusqu'à mercredi. Les profs ont recouvert et protégé tout le matériel informatique, nous avons rendu toutes nos clefs et chacun est parti en fin de journée sur un "Be careful and take care". Scott, un collègue de maths, m'a tenue au courant des avancées de l'information toute la journée, et m'a indiqué une bonne partie des marches à suivre. Il vit ici depuis 20 ans et je lui suis reconnaissante d'avoir veillé à ce que je comprenne tout ce qui se disait.
Nous prenons la route pour Memphis vers une heure du matin avec 2 acolytes de très bonne compagnie et serons hébergés chez une copine américaine qui possède une belle et grande maison de famille en plein coeur de Memphis. Y'a pire comme scénario d'évacuation.

J'espère que Gustav déviera de route d'ici mardi - jour durant lequel il est censé frapper - et que nous reviendrons au plus tard mardi après-midi.

D'ici là, Love me tender ! 


jeudi 28 août 2008

L'ouragan Gustav



Petit message pour rassurer : j'ignore si les médias diffusent l'information en France, mais un ouragan qui porte - pour une fois- un nom masculin, Gustav, menace la Louisiane. Il n'est pour l'instant "qu'une" tempête tropicale, mais est sur le point de s'engouffrer dans le golfe du Mexique ; les eaux chaudes risquent alors de le faire devenir un "hurricane" de force 2 voire 3. Sur 5.
L'ordre d'évacuation officiel n'a pas été donné pour l'instant parce que la trajectoire de l'ouragan n'est pas rigoureusement déterminée (quoique les images satellites soient assez inquiétantes, voir ci-joint), mais tous mes collègues américains quittent la Nouvelle-Orléans ce week-end. Tous m'ont exortée à quitter la ville. Certains, très marqués par Katrina, voient déjà leur maison inondée et leurs meubles, photos, instruments de musique, perdus.
Nous avons eu à l'école une réunion d'information à ce sujet pour nous confirmer que "cette fois-ci", le système informatique de paiement des salaires fonctionnerait.. Au cas où nous devrions rester hors de la ville plus longtemps que prévu.
C'est une atmosphère très particulière pour nous qui ignorons tout de ces phénomènes d'évacuation, de danger climatique et surtout de risque.
Ce qui est terrible m'ont-ils dit, c'est cette affreuse coïncidence : vendredi, c'est le jour anniversaire de Katrina, célébré dans mon école et j'imagine, dans bien d'autres.
Les informations d'aujourd'hui laissaient entendre que l'ouragan frapperait lundi après-midi ou mardi matin. Lundi était de toute façon une journée chômée pour cause de "Labor day", jour férié américain. Mardi le sera surement aussi par la force des choses, et la suite est pour l'instant tout à fait imprévisible.
Conclusion, nous partons vendredi dans la nuit vers le nord pour passer le week-end à Memphis. C'est le principe de la pierre qui fait 2 coups en 1 : évacuer et faire du tourisme. Le problème est de ne pas partir trop loin pour être à même de revenir dans des délais raisonnables si l'ouragan dévie de trajectoire et passe à côté de la Nouvelle-Orléans, mais de sortir des zones à risques. C'est donc le Mississipi, l'Alabama (Sweet home Alabama... Ca vous rappelle jamais la BO de Forest Gump ce mot, à vous?) ou le Tenessee qui sont les plus indiqués.

Donc, ne vous inquiétez pas famille et amis : quoique vous entendiez aux infos, nous ne serons pas à la Nouvelle-Orléans jusqu'à ce que tout se tasse.