jeudi 16 avril 2009

Spring Break

Le fameux Spring Break... Ces quelques jours de vacances, de break donc, durant lesquels les étudiants fraîchement débarqués à l'Université (ou pas d'ailleurs), s'en vont au soleil pour se permettre les excès impensables que leur morale chrétienne -la leur, celle de leur famille, celle de la société - tolère pendant ce court laps de temps... Spring Break...

En ce qui nous concerne, on a choisi de faire un road trip à travers le Texas : n'ayant pour ma part -et contrairement à Arnaud qui a une semaine de vacances- que 3 jours, nous avions 6 jours pour faire un tour sympa.

Dans l'ordre : Dallas, Austin, San Antonio, Corpus Christi, Mustang Island, Houston.

Génial.

Première étape dans le prochain post.

samedi 11 avril 2009

The Fresh Prince of Bel Air

Après des mois d'observation, au coin de ma salle de classe, patiente ou opportuniste ; après des semaines d'écoute attentive au gré des flux d'élèves passant d'un couloir à l'autre ; je suis aujourd'hui en mesure de citer l'une des sources d'influence majeure du comportement de mes élèves : Le Prince de Bel-Air.

Cette semaine, dans le building ouest de l'école, au troisième étage, au moment du changement entre la 3ème et la 4ème période de cours, j'ai entendu ça.

Je veux dire que j'ai entendu exactement ça, mot pour mot, au découpage exact. C'est-à-dire que mes élèves sont capables de chanter exactement un couplet constitué d'un medley de chansons tiré d'un épisode au milieu de centaines d'autres.

Mais ce n'est pas tout - sans quoi ma démonstration s'effondrerait sous le poids d'un exemple unique et par là même, non valable : les gestes grandiloquents, les surréactions, les rires hurlés, plié en deux appuyé sur la table du salon, et surtout, surtout, la danse : avez-vous déjà vu danser Will Smith ? Alors vous avez vu danser mes élèves. Et je dois dire que tout est fascinant ; leur culture est si différente de la notre, Européens un peu coincés (mais bien sur, je ne parle que pour la plupart des gens que je cotoie, including me ; aussi que les autres, les européens qui n'ont aucun mal à shaker sur une table en chantant Sexual Healings à pleine voix, ne s'offusquent pas...), si différente que ça vous sort de vous-même, que ça vous pousse, à votre plus grand bonheur inavoué, à shaker par exemple, vous aussi, dès qu'un mince petit filet de musique se fait entendre...

Savez-vous que tous mes élèves font la Carlton Danse dès qu'ils ont eu une bonne note ou gagné un truc ? Vous avez déjà essayé vous de danser comme Carlton ? Vous vous souvenez, cette danse infaisable du fils de bonne famille dont on sent qu'il danse comme un Dieu, mais que ses bonnes manières retiennent de se trémousser comme son cousin de Philadelphie ?

Savez-vous que la danse de la victoire pour toutes les équipes de sport de l'école est la Jump on it Danse ? Devenue symbole, emblême, elle est exactement à l'image de cette communauté déshinibée et joyeuse que sont mes élèves.

Vraiment ; cette série n'en est pas une. C'est un documentaire à peine caricaturé.

jeudi 2 avril 2009

Wanted

Lorsque vous remontez la Highway en direction du Mississipi, vous avez des chances d'apercevoir ça :


Ces affiches d'environ 4 mètres sur 5 exposent les portraits d'accusés dangereux, évadés ou pas encore arrêtés mais formellement identifiés. Au fur-et-à-mesure de la progression des enquêtes et des arrestations, la ville appose un bandeau "Arrested" en travers du visage dudit accusé.

A mon sens, ce système revêt 3 fonctions :

- Un rôle informatif : si vous voyez ce type, appelez à ce numéro,
- Un rôle préventif : si vous voyez ce type, appelez à ce numéro et fuyez,
- Un rôle communicatif : vous voyez, sur 4 accusés dangereux, on en a arrêté 2, ou 3, ou 4. C'est dire si la police ne chôme pas.

Si ce système a déjà fait ses preuves, je dois bien avouer que ça a aussi la fonction d'instaurer un climat d'insécurité ambiant dont la ville n'a pourtant pas besoin.

mercredi 1 avril 2009

Une journée de Leap Test

Il est 8h56 du matin. L'école s'apprête à vivre une journée de Leap Test.

Les Leap Test sont une batterie d'examens en maths, english, sciences et social studies, que les élèves passent, tous grades confondus, à la presque fin de l'année scolaire.
Ce qui signifie qu'ils doivent être assis, silencieux et occupés à travailler. Pendant 4 heures.
Le Pérou...

Et je suis donc là, dans le couloir, surveillant les examens qui se déroulent dans les salles de chaque côté de ma tête. Je monitore comme ils disent, chargée d'emmener les élèves aux toilettes, de remplacer les professeurs pendant leur break, d'aller chercher des crayons manquants, des sujets déchirés.

Monsieur S, en salle 435, vient de me demander de le replacer, déjà, pour un break de 15 mn, épuisé par le silence de sa salle de classe. Les élèves sont penchés sur leur feuille, absorbés par les cases à noircir de leur QCM géant. Peu de rédaction dans les examens, tests ou contrôles ; quasiment pas de questions ouvertes, de rares développements. Les questions à choix multiples supplantent les calculs mathématiques : on ne note pas le raisonnement mais le bon résultat. Et les élèves n'ont le droit d'utiliser que des crayons de papiers.

Ce matin, ils planchent sur leur sujet d'English Writting. Comme en France, certains sont physiquement plongés dans leur évaluation, la tête courbée sur leur copies, le dos rond, la posture tendue et légèrement crispée, mordant leur langue dans un travail minutieux de reconstitution ; un souvenir en l'occurence, le récit d'un souvenir. D'autres encore, comme en France encore, allongent leurs jambes, décrassent leurs ongles et comptent les fissures des plafonds poussièreux. Ceux-là ne reviendront pas l'année prochaine. Pour la plupart des 8° grades qui s'ils échouent, devront s'inscrire à la Summer School pour repasser les Test. Et chercher une autre école s'ils ratent une nouvelle fois.

Monsieur S. revient. Je reprends ma place dans le couloir.

Des couloirs silencieux. Tellement silencieux dans cette école que c'en est surréaliste. Alors je décide d'en profiter.

Je profite du bruit de l'air climatisé que pour la première fois j'entends sortir des bouches d'aération ; je profite des portes qui ne s'ouvrent pas, oubliant pour un temps le balai incessant et insupportable des élèves qui rentrent et qui sortent des salles de classe pour tout et pour rien, boire ou prendre l'air, fixer leurs uniformes ou disparaître : je profite des quelques personnes qui passent, du bruit de leurs pieds, de leur démarche assurée ou lente, empressée ou fatiguée, devinant qui ne changerait de travail pour rien au monde et qui, en rentrant chez lui le soir, se mettrait à parler tout seul en remontant Clairborne avenue ; je profite du son feutré que produit le chuchotement des élèves qui demandent un taille-crayon ou une gomme à leur surveillant, utilisant pour la première fois surement cette capacité ici inexploitée des cordes vocales qui peuvent émettre un message sans pousser la voix jusqu'au hurlement strident ; je profite de l'absence de bruits qui bousculent même les femmes de service, officiant pendant la journée, et qui ne savent plus, puisqu'elles se fient au vacarme, quelles salles sont occupées et quelles salles ne le sont pas.

Le silence ici est une chose que personne ne connaît, et voilà ce que sont les Leap Test dans cette école : un silence absolu, unique, non réitérable.

Ah la belle semaine des Leap Tests...

samedi 28 mars 2009

Le site chronophage du jour

Entre deux copies à corriger, faire un tour sur le site suivant en cliquant ici : il permet de faire son portrait robot grâce à un logiciel hyper simple. Arnaud et moi y avons passé une bonne paire d'heure jusqu'à se dire que bon sang, si la beauté est quelque chose de très subjectif et par là même, rare, la laideur en revanche, ou pour reprendre l'expression d'Arnaud - la sale gueule, est quant à elle une denrée très commune ...

mercredi 25 mars 2009

Florilège ou ...

... les questions urluberluesques de mes élèves américains :

- "Miss, d'you have one dollar for a smoothie ?"
- "Miss, is that thrue that the... I'm just asking, Miss... that... that the White people, they don't have the rythm when they dance ?" (p'tit con...)
- "He, Miss, is that thrue that the ratatouille is made from rats ?" (Merci Disney)
- "Miss, why yall waiting so long to have childrens ?" (la plupart des mères de mes élèves ont entre 28 et 35 ans...et ont donc des enfants de 12 à 16 ans... faites un bref calcul...)
- "Miss T, yall still decapitatin' your kings' heads ?" (de l'Histoire française, ils se plaisent à ne retenir que ça, la tête de ce pauvre Louis XVI perchée au bout d'une pique)
- "He Miss, is that thrue that when yall eat snails, they are still alive ?" (Non, notre long passé de Barbares nous a tout de même épargné ça : on coupe la tête de nos rois, mais on cuit nos escargots avant de les bouffer)
- "He Miss, d'you know that yall gonna go in Hell if you don't believe in Jesus ?" (devinant peut-être que j'attachais moins d'importance au-dit Jésus qu'eux...)

Et parfois, de mes collègues et autres personnels de l'administration :

- "Miss T, why are the european women so skinny ?" (me demanda la secrétaire la bouche pleine de Pringles à 9h00 du matin)

mercredi 11 mars 2009

Etape 3 : Bourbon Street

Après Zulu parade, Muses ( la parade des femmes et la plus belle), Krew de vieux, Bacchus, Endemyion (la plus longue), la parade des chiens (ben oui...), etc, etc, vous ne pouvez clore Mardi Gras à la Nouvelle-Orléans sans aller faire un tour sur Bourbon Street, cette artère du French Quarter à laquelle les dizaines de clubs, bars, live music places et la foule permanente, donnent une atmosphère unique.

Durant Mardi Gras, soyez prudents, ce quartier est le plus touristique mais aussi un des plus dangereux et les fusillades y sont fréquentes ; allez y faire un tour en journée, en fin d'après-midi, et aovus aurez déà un fameux goùt de l'atmosphère. Entre les femmes topless dont le buste est peint pour donner cette illusion de l'habillé ; entre les catholiques intégristes qui protestent contre le Mardi Gras, fête païenne s'il en est, armés de pancartes "Jesus did not allowed that!"; entre les déguisements, très dénudés parfois, mais souvent hallucinants de travail et d'ingéniosité ; entre les concerts live dans la rue, les musiciens, les hommes aux balcons des maisons qui jettent des colliers aux filles qui passent, les filles aux balcons qui soulèvent leur tee-shirts pour qu'on leur envoie des colliers, vous ne pouvez pas passer à côté de Bourbon street.

Ci-dessus, un petit échantillon de photos que je n'ai pas prises pour la plupart, mais qui réflètent assez bien l'ambiance électrique et décalée de ce microcosme.


C'est sur, vaut mieux
éviter d'être
agoraphobe
.







Celle-là s'est même retrouvée
sur les sites de
Fail.




J'ai jamais dit
que c'était toujours
de bon goût, hein..




Il faisait chaud
ce jour-là...