Il est 8h56 du matin. L'école s'apprête à vivre une journée de Leap Test.
Les Leap Test sont une batterie d'examens en maths, english, sciences et social studies, que les élèves passent, tous grades confondus, à la presque fin de l'année scolaire.
Ce qui signifie qu'ils doivent être assis, silencieux et occupés à travailler. Pendant 4 heures.
Le Pérou...
Et je suis donc là, dans le couloir, surveillant les examens qui se déroulent dans les salles de chaque côté de ma tête. Je monitore comme ils disent, chargée d'emmener les élèves aux toilettes, de remplacer les professeurs pendant leur break, d'aller chercher des crayons manquants, des sujets déchirés.
Monsieur S, en salle 435, vient de me demander de le replacer, déjà, pour un break de 15 mn, épuisé par le silence de sa salle de classe. Les élèves sont penchés sur leur feuille, absorbés par les cases à noircir de leur QCM géant. Peu de rédaction dans les examens, tests ou contrôles ; quasiment pas de questions ouvertes, de rares développements. Les questions à choix multiples supplantent les calculs mathématiques : on ne note pas le raisonnement mais le bon résultat. Et les élèves n'ont le droit d'utiliser que des crayons de papiers.
Ce matin, ils planchent sur leur sujet d'English Writting. Comme en France, certains sont physiquement plongés dans leur évaluation, la tête courbée sur leur copies, le dos rond, la posture tendue et légèrement crispée, mordant leur langue dans un travail minutieux de reconstitution ; un souvenir en l'occurence, le récit d'un souvenir. D'autres encore, comme en France encore, allongent leurs jambes, décrassent leurs ongles et comptent les fissures des plafonds poussièreux. Ceux-là ne reviendront pas l'année prochaine. Pour la plupart des 8° grades qui s'ils échouent, devront s'inscrire à la Summer School pour repasser les Test. Et chercher une autre école s'ils ratent une nouvelle fois.
Monsieur S. revient. Je reprends ma place dans le couloir.
Des couloirs silencieux. Tellement silencieux dans cette école que c'en est surréaliste. Alors je décide d'en profiter.
Je profite du bruit de l'air climatisé que pour la première fois j'entends sortir des bouches d'aération ; je profite des portes qui ne s'ouvrent pas, oubliant pour un temps le balai incessant et insupportable des élèves qui rentrent et qui sortent des salles de classe pour tout et pour rien, boire ou prendre l'air, fixer leurs uniformes ou disparaître : je profite des quelques personnes qui passent, du bruit de leurs pieds, de leur démarche assurée ou lente, empressée ou fatiguée, devinant qui ne changerait de travail pour rien au monde et qui, en rentrant chez lui le soir, se mettrait à parler tout seul en remontant Clairborne avenue ; je profite du son feutré que produit le chuchotement des élèves qui demandent un taille-crayon ou une gomme à leur surveillant, utilisant pour la première fois surement cette capacité ici inexploitée des cordes vocales qui peuvent émettre un message sans pousser la voix jusqu'au hurlement strident ; je profite de l'absence de bruits qui bousculent même les femmes de service, officiant pendant la journée, et qui ne savent plus, puisqu'elles se fient au vacarme, quelles salles sont occupées et quelles salles ne le sont pas.
Le silence ici est une chose que personne ne connaît, et voilà ce que sont les Leap Test dans cette école : un silence absolu, unique, non réitérable.
Ah la belle semaine des Leap Tests...
mercredi 1 avril 2009
samedi 28 mars 2009
Le site chronophage du jour
Entre deux copies à corriger, faire un tour sur le site suivant en cliquant ici : il permet de faire son portrait robot grâce à un logiciel hyper simple. Arnaud et moi y avons passé une bonne paire d'heure jusqu'à se dire que bon sang, si la beauté est quelque chose de très subjectif et par là même, rare, la laideur en revanche, ou pour reprendre l'expression d'Arnaud - la sale gueule, est quant à elle une denrée très commune ...
mercredi 25 mars 2009
Florilège ou ...
... les questions urluberluesques de mes élèves américains :
- "Miss, d'you have one dollar for a smoothie ?"
- "Miss, is that thrue that the... I'm just asking, Miss... that... that the White people, they don't have the rythm when they dance ?" (p'tit con...)
- "He, Miss, is that thrue that the ratatouille is made from rats ?" (Merci Disney)
- "Miss, why yall waiting so long to have childrens ?" (la plupart des mères de mes élèves ont entre 28 et 35 ans...et ont donc des enfants de 12 à 16 ans... faites un bref calcul...)
- "Miss T, yall still decapitatin' your kings' heads ?" (de l'Histoire française, ils se plaisent à ne retenir que ça, la tête de ce pauvre Louis XVI perchée au bout d'une pique)
- "He Miss, is that thrue that when yall eat snails, they are still alive ?" (Non, notre long passé de Barbares nous a tout de même épargné ça : on coupe la tête de nos rois, mais on cuit nos escargots avant de les bouffer)
- "He Miss, d'you know that yall gonna go in Hell if you don't believe in Jesus ?" (devinant peut-être que j'attachais moins d'importance au-dit Jésus qu'eux...)
Et parfois, de mes collègues et autres personnels de l'administration :
- "Miss T, why are the european women so skinny ?" (me demanda la secrétaire la bouche pleine de Pringles à 9h00 du matin)
- "Miss, d'you have one dollar for a smoothie ?"
- "Miss, is that thrue that the... I'm just asking, Miss... that... that the White people, they don't have the rythm when they dance ?" (p'tit con...)
- "He, Miss, is that thrue that the ratatouille is made from rats ?" (Merci Disney)
- "Miss, why yall waiting so long to have childrens ?" (la plupart des mères de mes élèves ont entre 28 et 35 ans...et ont donc des enfants de 12 à 16 ans... faites un bref calcul...)
- "Miss T, yall still decapitatin' your kings' heads ?" (de l'Histoire française, ils se plaisent à ne retenir que ça, la tête de ce pauvre Louis XVI perchée au bout d'une pique)
- "He Miss, is that thrue that when yall eat snails, they are still alive ?" (Non, notre long passé de Barbares nous a tout de même épargné ça : on coupe la tête de nos rois, mais on cuit nos escargots avant de les bouffer)
- "He Miss, d'you know that yall gonna go in Hell if you don't believe in Jesus ?" (devinant peut-être que j'attachais moins d'importance au-dit Jésus qu'eux...)
Et parfois, de mes collègues et autres personnels de l'administration :
- "Miss T, why are the european women so skinny ?" (me demanda la secrétaire la bouche pleine de Pringles à 9h00 du matin)
mercredi 11 mars 2009
Etape 3 : Bourbon Street
Après Zulu parade, Muses ( la parade des femmes et la plus belle), Krew de vieux, Bacchus, Endemyion (la plus longue), la parade des chiens (ben oui...), etc, etc, vous ne pouvez clore Mardi Gras à la Nouvelle-Orléans sans aller faire un tour sur Bourbon Street, cette artère du French Quarter à laquelle les dizaines de clubs, bars, live music places et la foule permanente, donnent une atmosphère unique.
Durant Mardi Gras, soyez prudents, ce quartier est le plus touristique mais aussi un des plus dangereux et les fusillades y sont fréquentes ; allez y faire un tour en journée, en fin d'après-midi, et aovus aurez déà un fameux goùt de l'atmosphère. Entre les femmes topless dont le buste est peint pour donner cette illusion de l'habillé ; entre les catholiques intégristes qui protestent contre le Mardi Gras, fête païenne s'il en est, armés de pancartes "Jesus did not allowed that!"; entre les déguisements, très dénudés parfois, mais souvent hallucinants de travail et d'ingéniosité ; entre les concerts live dans la rue, les musiciens, les hommes aux balcons des maisons qui jettent des colliers aux filles qui passent, les filles aux balcons qui soulèvent leur tee-shirts pour qu'on leur envoie des colliers, vous ne pouvez pas passer à côté de Bourbon street.
Ci-dessus, un petit échantillon de photos que je n'ai pas prises pour la plupart, mais qui réflètent assez bien l'ambiance électrique et décalée de ce microcosme.
Celle-là s'est même retrouvée
sur les sites de
Fail.

Durant Mardi Gras, soyez prudents, ce quartier est le plus touristique mais aussi un des plus dangereux et les fusillades y sont fréquentes ; allez y faire un tour en journée, en fin d'après-midi, et aovus aurez déà un fameux goùt de l'atmosphère. Entre les femmes topless dont le buste est peint pour donner cette illusion de l'habillé ; entre les catholiques intégristes qui protestent contre le Mardi Gras, fête païenne s'il en est, armés de pancartes "Jesus did not allowed that!"; entre les déguisements, très dénudés parfois, mais souvent hallucinants de travail et d'ingéniosité ; entre les concerts live dans la rue, les musiciens, les hommes aux balcons des maisons qui jettent des colliers aux filles qui passent, les filles aux balcons qui soulèvent leur tee-shirts pour qu'on leur envoie des colliers, vous ne pouvez pas passer à côté de Bourbon street.
Ci-dessus, un petit échantillon de photos que je n'ai pas prises pour la plupart, mais qui réflètent assez bien l'ambiance électrique et décalée de ce microcosme.
Celle-là s'est même retrouvée
sur les sites de
Fail.

lundi 2 mars 2009
2° étape : les parades
Au cours des 15 jours que dure Mardi Gras, une bonne vingtaine de parades ont lieu, parcourant toute la ville, l'avenue Saint-Charles pour la plupart, le French Quarter, Canal Street, Magazine, Metairie, Sidell. Lors des parades, une vingtaine, une trentaine de chars, tous trés travaillés, mais plus ou moins beaux selon les parades, du haut desquels on vous jette des colliers de perles muticolores, certains estampillés du nom de la parade, qu'il faut attraper avant les autres : 2 techniques.
1 - Mesurer approximativement 3 m 22 de manière à survoler la foule et allonger des bras d' 1 m 67 capables de couvrir une envergure de 4 m 89 et de créer par conséquent un champs de réception si vaste que les colliers ne manqueront pas d'y tomber.
2 - Attirer l'attention : hurlez, sautez, gigotez, dansez au son des bands qui défilent, tout mais faites en sorte que ceux qui sont sur les chars remarquent cette petite boule gesticulante que vous vous donnez un mal de chien à devenir.

1 - Mesurer approximativement 3 m 22 de manière à survoler la foule et allonger des bras d' 1 m 67 capables de couvrir une envergure de 4 m 89 et de créer par conséquent un champs de réception si vaste que les colliers ne manqueront pas d'y tomber.
2 - Attirer l'attention : hurlez, sautez, gigotez, dansez au son des bands qui défilent, tout mais faites en sorte que ceux qui sont sur les chars remarquent cette petite boule gesticulante que vous vous donnez un mal de chien à devenir.

Et à la fin, ça vous donne ça :
inutile de dire
que j'ai choisi la deuxième technique...

Ou ça donne ça :
première parade, 33 colliers!
Les parades, ce sont des chars, des bands d'écoles (dont la mienne, pour laquelle j'ai fait le chaperon lors d'une parade et défilé dans les rues de la ville), des centaines d'instruments, des cuivres, des percussions, des déguisements hallucinants et par-dessus tout, une atmosphère incroyable. En vrac, quelques instants sur le vif pendant ma parade de chaperonnage:

Les danseuses de l'école.

que j'ai choisi la deuxième technique...
Ou ça donne ça :
première parade, 33 colliers!
Les parades, ce sont des chars, des bands d'écoles (dont la mienne, pour laquelle j'ai fait le chaperon lors d'une parade et défilé dans les rues de la ville), des centaines d'instruments, des cuivres, des percussions, des déguisements hallucinants et par-dessus tout, une atmosphère incroyable. En vrac, quelques instants sur le vif pendant ma parade de chaperonnage:
Les danseuses de l'école.
1° étape : en quête du déguisement parfait
Après le "Tout écolo", de vert vêtus, feuilles de chêne et sacs recyclables ; après Marge Simpson, de jaune maquillée, robe de ménagère pastel et chevelure bleue verticale ; après Lara Croft, mini-short et flingue scotchée à la cuisse ; après Alex Delarge (le personnage d'Orange Méanique pour les novices), faux cil sur oeil droit, canne de pervers et combinaison immaculée de mécano oisif ; nous avons tous deux opté pour le déguisement parfait compte tenu du peu de temps que nous avons pu et voulu y consacrer :

Pour moi, on a fait simple ; un ange un peu décalé, perruque courte rouge vif et ailes de la même couleur, toute de blanc vêtue. Et si vous pensez que vous allez échapper à cette photo de star, vous vous trompez lourdement : pour une fois que quelqu'un prend une photo potable, je peux vous dire que c'est pas la dernière fois que vous la voyez sur ce blog.


Pour Arnaud, un original et rare déguisement de Rorschach (personnage des Comics Books, Watchmen incontournable), "scaring" aux dires des passants des rues de la Nouvelle-Orléans. Je dois dire, en toute objectivité, que c'est le plus
chouette déguisement que j'ai vu dans les rues de NO.
En tout cas, celui que j'ai le plus aimé.
chouette déguisement que j'ai vu dans les rues de NO.
En tout cas, celui que j'ai le plus aimé.

Pour moi, on a fait simple ; un ange un peu décalé, perruque courte rouge vif et ailes de la même couleur, toute de blanc vêtue. Et si vous pensez que vous allez échapper à cette photo de star, vous vous trompez lourdement : pour une fois que quelqu'un prend une photo potable, je peux vous dire que c'est pas la dernière fois que vous la voyez sur ce blog.

Et pour Geoffroy et Claudine, venus nous rejoindre pour l'occasion, un slip de superman par-dessus le jean, et la panoplie du Geek - puisque visiblement c'est la dernière mode, les Geeks- les lunettes cul-de-bouteille pour Geoff et de sobres lunettes rouges clignotantes en forme de coeur. Qu'elle a gardé 15 minutes...

Alors évidemment, on ne voit pas que ça clignote
de chaque côté des yeux de Claudine,
mais pourtant, c'est le cas.
de chaque côté des yeux de Claudine,
mais pourtant, c'est le cas.
Méa Culpa et Mardi Gras
Alors avant de me fustiger sur la place publique pour cette absence de post et cette absence tout court, laissez-moi vous donner l 'excuse parfaite qui m'a tenue éloignée de ce blog : nous célébrions ici Mardi Gras qui a duré à peu près 15 jours et dont l'apothéose s'est déroulée mardi dernier. Parce que comme son nom l'indique, c'était le mardi...gras...
Bref, la conclusion avant le prochain post : il faut avoir vu Mardi Gras à la Nouvelle-Orléans au moins une fois!
L'événement étape par étape tout de suite.
Bref, la conclusion avant le prochain post : il faut avoir vu Mardi Gras à la Nouvelle-Orléans au moins une fois!
L'événement étape par étape tout de suite.
Inscription à :
Articles (Atom)





