mardi 26 août 2008

Avis aux commerciaux automobiles...





Message spécial à tous ceux qui éventuellement, se destineraient à une carrière de commercial dans l'automobile et qui peut-être présenteraient les caractères suivants : grand, têtu, dormeur, déterminé, long buste et cheveu épais.. Viens donc voir un peu les voitures d'ici. C'est autre chose que tes Renault, hein!

Bibou à Mum

AVANT LA FIN DE L'ANNEE  ???

YEEESSSSSSS !!!!

Petit souvenir d'été...

A vous !






Caroline ma toute belle, Ludi ma redoutable, Marie, Ma Maud, Céline, vous me manquez tant.


La (mal) bouffe ?

Que n'entends-je encore les "Tu risques de prendre du poids là-bas, hein!" et les "Comment tu vas réussir à trouver des produits frais?"... 
Rassurez-vous : on peut très bien manger en Louisiane, trouver des produits de très bonne qualité, malgré le fait que tout soit ici "Fat free" (mais aussi vitamin free du coup), et ne pas prendre de poids. Au contraire même. Puisque je n'ai que 20 mn pour manger le midi, comme tous les enseignants aux Etats-Unis, et que je dois changer de salle dans ce labs de temps pour installer tout mon matériel, je ne mange pas le midi. J'ai donc perdu 2 bons kilos et mon blender flambant neuf tourne à plein tube quand je rentre. 
Les fruits en provenance direct d'amérique latine sont très bons et les légumes aussi variés qu'en Europe. 
Attention toutefois mesdames au lait qui, bourré d'hormone, vous fait un bonnet E en un rien de temps. Idem pour la viande. Voilà pour la première partie du "How to eat in New Orleans".
A suivre.

Journée d'école.

Ce message, dénué du moindre intérêt pour les non initiés, n'intéressera peut-être que mes anciens collègues alsaciens (auxquels je pense avec une affection toute particulière) et ma tante (à laquelle je pense beaucoup ces derniers temps, tant elle savourerait mes découvertes scolaires comme le Canard Enchaîné savoure le montant des indemnités allouées à Bernard Tapie dans son long combat judiciaire contre le Crédit Lyonnais), puisqu'il y est question du rythme de mes journées de travail à l'école.

Après avoir eu une classe par jour pendant une semaine (oui, oui, une classe, une heure... par jour), j'ai enfin 3 classes de respectivement 14, 21 et 27 élèves. Je vous entends d'ici, les non profs, me dire : "UNE HEURE ??!!" Ha oui, mais attention, ce n'était pas n'importe quelle heure : 27 élèves tous plus ingérables les uns que les autres. En 7° grade (ce qui correspond à nos 5°/4°), ils ont jusqu'à 15 ans et sont tous bien plus grands que je ne le suis. N'ayant aucune envie de prendre part à un cours qu'on leur a imposé (rappelez-vous, ma principale ne m'attendait pas à la rentrée), ils sont ravis d'être assis quelque part, mais ça s'arrête là. J'ai compris ces 3 dernières semaines l'impuissance des profs qui ne peuvent rien faire pour gérer leur classe. Mon problème en l'occurrence est que je ne dispose pas des armes linguistiques pour réagir vite et de façon cinglante. Et de toute façon, dans la mesure où j'ai signé (comme tous les autres profs) un papier par le biais duquel je m'engage à ne faire subir aucun corporal punishment à mes élèves - ce qui inclue l'exclusion de la salle de classe et les punitions écrites...- je n'ai aucun recours contre quoi que ce soit. Parce que oui, je dispense mes cours en anglais dans la mesure où mes élèves n'ont jamais fait de français, et que trop grands déjà, ils n'ont pas la patience d'attendre quelques semaines que la langue commence à faire sens.
Bref, quoiqu'aujourd'hui je sois sur la voie d'un mieux, c'est un groupe que je ne souhaite à personne.

Je n'ai donc que 3 heures de cours devant élèves, mais le règlement dans toutes les écoles publiques américaines oblige l'enseignant à être présent au collège de 7h40 à 16h00. Sans oublier les réunions de une à deux fois par semaine jusqu'à 17 heures. Les profs américains ont droit à 1 heure par jour de libre, les Preparations plans, qui leur permet de préparer quelques cours (en sachant bien, nous autres les profs, qu'en une heure, on prépare rien du tout!), heure qu'ils se voient parfois supprimée pour remplacer un collègue absent. Il n'y a en effet pas ici de surveillant, de CPE et autres fantaisies françaises! 

Je suis ainsi souvent appelée comme substitute afin de remplacer mes collègues partis camper (véridique!) et prie toujours pour qu'ils aient laissé du travail à faire au lycée, tant l'idée de faire des mathématiques en high school m'est difficilement représentable..

Bref, étant une des rares candidates au programme affectée dans une école publique américaine, c'est un témoignage isolé que je laisse ici et à mes collègues affectés 
eux en école d'immersion ou mieux, comme Arnaud, en école française, je dis : j'ai peut-être pas vos élèves, mais moi mon anglais, au fin fond de mon école délabrée,  je l'improve !!

Encadrée par le drapeau américain qui flotte dans toutes les classes, attentive au serment d'allégence récité chaque matin par le haut-parleur qui donne de la voix dans toute l'école, assise dans ma salle de classe, sérieuse et concernée, j'attends le raz-de-
marée de mes 7° grades. 

L'école publique américaine.

Malgré le fait que nous soyons abreuvés depuis notre plus télévisuelle enfance de caricatures américaines ; malgré le fait que l'on avait à demi-mots attiré mon attention sur les difficultés de l'école publique américaine depuis Katrina ; malgré le fait que je ne m'attendais à rien ; j'ai hal-lu-ci-né. 

Le jour de la pré-rentrée, j'ai débarqué dans un talk-show d'Oprah Winfrey où les profs scandent des "Yes M'am" et quelques "Alleluia man" au gré des discours les plus enthousiastes de la principale et des chefs de secteurs malcolmXisés. L'ambiance est celle du film Shaft. Sans aucune exagération. Ne dites plus que les américains en font trop dans leurs films, dans leurs séries, ne dites plus qu'ils y vont fort dans la peinture des comportements, des communautés, du comique de geste : je suis en plein d'dans! Mes collègues claquent des doigts et projettent leur bras en arrière quand ils envoient une vanne, ils rient aussi fort que Will Smith quand Carlton se met à danser sur Tom Jones, et se gondolent en tapant dans leurs mains quand un truc les fait rire. Ils mangent à toute heure de la journée et dépensent un fric fou dans les 4 distributeurs de ... la salle des profs... Oui, 4. 

Et comme ça va de paire, ils sont tous d'une grande gentillesse et leur expérience, leurs récits, leurs anecdotes, leurs échanges, leurs codes, rendent mon expérience extrêmement riche et profitable. Pour le coup, c'est moi qui suis en immersion.

La voiture...

D'abord, la voiture.

Il y a une semaine, nous avons acheté notre voiture.
5000 dollars tout compris (taxe, plaques, etc), 90 000 miles, Dodge caravan bleu foncé, portes coulissantes, la totale. Certains diront "La familiale?". En partie, oui. Nous nous sommes rendus chez Landry's, fournisseur de used cars bien connu à la Nouvelle-Orléans, et nous avons opté pour le moins gros mais le plus spacieux dans sa gamme, le plus économique niveau essence et le moins moche.

Revenue à la maison, je me dis que quelques photos seraient les bienvenues sur ce blog et je me dirige donc vers mon engin, bien campé sur sa tonne et demie, appareil photo vissé à l'oeil droit. Et là, vision d'horreur, terrifique ironie de la vie : sur l'arrière de la voiture, la marque de l'infamie... Un poisson... Des pentecôtistes... Le poisson a été décollé, mais la colle a laissé à tout jamais l'empreinte indélébile de ce contre quoi Arnaud hurle à la mort les soirs de grosse journée. Notre voiture appartenait à des pentecôtistes. 


Nous avons dû nous y faire...

A côté de ça, je dois dire que pour la première fois de sa vie, ma mère a tort : conduire une automatique, c'est génial. Rien de plus simple, rien de plus reposant, rien de plus américain.
Nous voilà partis, cheveux ébouriffés par la clim surpuissante, en quête des garages sales* les plus proches quand au détour d'une petite route cabossée, la voiture tombe en rade.
Alternateur foutu. En pleine chaleur de mois d'août (à peu près 140 000 degrés), dans 
un quartier pas franchement accueillant du sud de la ville, les copines à l'arrière qui voulaient venir avec nous, bref, les boulets. 
Garage appelé, grosse gueulante, voiture récupérée par la dépanneuse, nous 5 (Notre bonne âme Laëtitia nous avait rejoints pour nous aider) coincés sous un des seuls panneaux du coin pour avoir un peu d'ombre ; le tableau était parfait.
Depuis, le garagiste a changé l'alternateur, la batterie, s'est excusé et a évité de nous demander de l'argent. Tout va bien. Malgré cette impression persistante et désagréable qu'on les accumule un tantinet.