Entergy est la seule et unique entreprise qui fournit l'électricité à la Nouvelle-Orléans. Autrement dit, ils ont le monopole. Autrement dit, ils se foutent complétement de la qualité de leur service. Autrement dit, on a dû attendre 2 semaines pour avoir l'électricité.
Si on savait, épuisés que nous sommes, déracinés, accablés de travail et de chaleur, si on savait manier le 13° degré, notre aventure avec Entergy serait l'un des plus grands fou-rires de cette dernière décennie. Sauf que voilà, on n'a pas dépassé le degré et demi en matière de prise de recul et d'humour ces deux derniers mois.
D'abord, vous passez 2 heures au téléphone - après avoir appuyé sur 11 touches pour avoir le département concerné- à essayer de comprendre ce que vous dit l'employé(e). Vous apprendrez quelques jours plus tard qu'il vous suffit de demander un interprète pour que votre laborieuse explication concernant le Social Security Number que vous n'avez pas encore, soit facilitée. Mais passsons. Une fois tous les renseignements pris, ils vous disent que vos informations doivent être vérifiées par un service compétent avant de donner "the order" Quoi "the order"? Mais who? When? How? Pas d'éclaircissement supplémentaire. Francais, vous attendez jusqu'au lendemain et vous rappelez, vaguement inquiets, sentant une vieille odeur de renard entâcher l'affaire. On vous dit que non, vos informations n'ont pas encore été vérifiées. Vous rappelez tous les jours jusqu'à ce qu'on vous dise que vos informations ne sont pas suffisantes, qu'il faut faxer les passeports et les visas (dont vous avez déjà donné tous les numéros) immédiatement. Un dimanche. Ce que nous avons fait. Vous rappelez le lundi et là, une bonne femme visiblement au courant de tout, après que vous lui avez (je sais c'est moche l'indicatif, mais c'est la règle : "après que" + indicatif) fourni de nouveau toutes les informations, vous dit qu'entergy passera "on thursday" installer l'électricité. Victoire. Vous demandez à la copine d'une copine de venir passer toute la journée chez vous (appartement vide, sans clim, ni radio, ni télé) pour recevoir les gars d'entergy. Sauf qu'ils ne viennent pas. On appelle le soir : "Sorry, there is nothing on your file for today"... Ok. Et évidemment, il faut rappeller le lendemain pour avoir le service de vérification qui n'est plus ouvert passé 17 heures. C'est ainsi que le lendemain matin, cachée au fin fond des toilettes des profs de mon collège (qui interdit qu'on téléphone pdt la journée), je fais un scandale en disant qu'Arnaud est sous dialyse et que nous ne pouvons plus attendre un jour de plus pour l'électricité.
Sauf que voilà, ils n'en ont rien à f..... ! Ils me demandent de faxer de nouveau tous les papiers (de mon bahut où la principale sait à peine que j'existe), et me disent qu'ils ne pourront pas venir avant mardi. Nous sommes jeudi et nous attendons depuis une semaine.
Je prends LA décision qui s'impose, réveil à tous les étages : j'appelle le codofil, qui implique le consulat, qui appelle entergy. Ca ne change rien.
C'est ainsi que la "Chief ops" de l'école d'Arnaud, américaine qui déteste qu'on lui marche sur les pieds, intervient et passe près de 3 heures au total, pendue au téléphone, secondée de très près par notre Laëtitia qui s'est épuisée à demander à parler à un manager, à essayé de débloquer la situation. Elles finissent par obtenir un rdv pour lundi. Un jour de gagné, c'est toujours ça. Donc, nous refaisons venir la copine, qui attend de nouveau toute la journée. Pour rien.
Comment ça ? intervenez-vous, surpris et curieux...
Et ben oui, ils ont juste menti en concédant une avance sur le rdv de mardi pour que nos deux coachs leur foute la paix... EDF a des leçons à prendre, hein.
Bref. Ce soir, c'est Versailles à la maison et la clim fonctionne à plein régime.
Et me revoilà, lecteurs avides, prête à tout vous raconter.
Titre du prochain post : Chronique d'une prof étrangère à l'école publique.