mardi 26 août 2008

C'est reparti!

Bon ça y est, cette fois, je suis de retour. 

Laissez-moi vous expliquer : j'avais l'électricité mais pas encore internet. Parce que figurez-vous que la légende selon laquelle aux Etats-Unis, il y a des réseaux free access partout, hé ben c'est du pipo! En fait, tous les réseaux wireless sont verrouillés et on était comme des gl... à pas pouvoir se connecter. Restaient les cafés dans lesquels tout le monde se rend jusqu'à point d'heure pour travailler, mac sous le bras, mais il aurait fallu que nous en ayions le temps. Or nous sommes des gens très occupés. Des profs, quoi. 

Mais enfin, votre attente est récompensé, j'ai un monceau de trucs à raconter. 

mercredi 20 août 2008

Entergy : Highway to hell....

Entergy est la seule et unique entreprise qui fournit l'électricité à la Nouvelle-Orléans. Autrement dit, ils ont le monopole. Autrement dit, ils se foutent complétement de la qualité de leur service. Autrement dit, on a dû attendre 2 semaines pour avoir l'électricité.
Si on savait, épuisés que nous sommes, déracinés, accablés de travail et de chaleur, si on savait manier le 13° degré, notre aventure avec Entergy serait l'un des plus grands fou-rires de cette dernière décennie. Sauf que voilà, on n'a pas dépassé le degré et demi en matière de prise de recul et d'humour ces deux derniers mois.

D'abord, vous passez 2 heures au téléphone - après avoir appuyé sur 11 touches pour avoir le département concerné- à essayer de comprendre ce que vous dit l'employé(e). Vous apprendrez quelques jours plus tard qu'il vous suffit de demander un interprète pour que votre laborieuse explication concernant le Social Security Number que vous n'avez pas encore, soit facilitée. Mais passsons. Une fois tous les renseignements pris, ils vous disent que vos informations doivent être vérifiées par un service compétent avant de donner "the order" Quoi "the order"? Mais who? When? How? Pas d'éclaircissement supplémentaire. Francais, vous attendez jusqu'au lendemain et vous rappelez, vaguement inquiets, sentant une vieille odeur de renard entâcher l'affaire. On vous dit que non, vos informations n'ont pas encore été vérifiées. Vous rappelez tous les jours jusqu'à ce qu'on vous dise que vos informations ne sont pas suffisantes, qu'il faut faxer les passeports et les visas (dont vous avez déjà donné tous les numéros) immédiatement. Un dimanche. Ce que nous avons fait. Vous rappelez le lundi et là, une bonne femme visiblement au courant de tout, après que vous lui avez (je sais c'est moche l'indicatif, mais c'est la règle : "après que" + indicatif) fourni de nouveau toutes les informations, vous dit qu'entergy passera "on thursday" installer l'électricité. Victoire. Vous demandez à la copine d'une copine de venir passer toute la journée chez vous (appartement vide, sans clim, ni radio, ni télé) pour recevoir les gars d'entergy. Sauf qu'ils ne viennent pas. On appelle le soir : "Sorry, there is nothing on your file for today"... Ok. Et évidemment, il faut rappeller le lendemain pour avoir le service de vérification qui n'est plus ouvert passé 17 heures. C'est ainsi que le lendemain matin, cachée au fin fond des toilettes des profs de mon collège (qui interdit qu'on téléphone pdt la journée), je fais un scandale en disant qu'Arnaud est sous dialyse et que nous ne pouvons plus attendre un jour de plus pour l'électricité.
Sauf que voilà, ils n'en ont rien à f..... ! Ils me demandent de faxer de nouveau tous les papiers (de mon bahut où la principale sait à peine que j'existe), et me disent qu'ils ne pourront pas venir avant mardi. Nous sommes jeudi et nous attendons depuis une semaine.
Je prends LA décision qui s'impose, réveil à tous les étages : j'appelle le codofil, qui implique le consulat, qui appelle entergy. Ca ne change rien.
C'est ainsi que la "Chief ops" de l'école d'Arnaud, américaine qui déteste qu'on lui marche sur les pieds, intervient et passe près de 3 heures au total, pendue au téléphone, secondée de très près par notre Laëtitia qui s'est épuisée à demander à parler à un manager, à essayé de débloquer la situation. Elles finissent par obtenir un rdv pour lundi. Un jour de gagné, c'est toujours ça. Donc, nous refaisons venir la copine, qui attend de nouveau toute la journée. Pour rien.
Comment ça ? intervenez-vous, surpris et curieux...
Et ben oui, ils ont juste menti en concédant une avance sur le rdv de mardi pour que nos deux coachs leur foute la paix... EDF a des leçons à prendre, hein.

Bref. Ce soir, c'est Versailles à la maison et la clim fonctionne à plein régime.

Et me revoilà, lecteurs avides, prête à tout vous raconter.

Titre du prochain post : Chronique d'une prof étrangère à l'école publique.

mercredi 13 août 2008

No internet...

Je profite d'un très court accès à internet pour vous faire patienter, lecteurs avides, et vous promettre que dès que nous aurons l'électricité, je vous parlerai de mes élèves (ben oui, la rencontre a enfin eu lieu et j'ai pris toute la mesure du terme "folklore" à cette occasion), des gens qui courent, de la Chase, des phones cell, des lessons plans, des shotguns, d'Entergy, du Saulet, du grand-père cajun et autres curiosités plus ou moins enthousiastes. Je vous balance le tout-venant, mais tout sera beaucoup plus clair dans un prochain post. Merci de votre patience.

vendredi 8 août 2008

A l'américaine

Après presque 10 jours passés ici, quelque chose continue de nous choquer. La gentillesse et l'amabilité des gens. C'est juste pas croyable. Quelques exemples :
- Quand vous cherchez votre chemin en voiture (comme nous pour visiter les apparts), vous pouvez rester coincé à une intersection pendant un long moment, sans savoir où aller bloquant par là-même une file de voitures derrière vous : prenez votre temps, personne ne klaxonnera ni ne râlera.
- Quand vous marchez dans la rue, dans un quartier résidentiel, qui que vous croisiez, il vous dira toujours bonjour, souriant, et fera suivre d'un "How ya doin?" plein de courtoisie et de spontanéité.
- Excepté dans certains cas particuliers, vos collègues seront avec vous d'un souriant et d'une gentillesse parfois sans borne, si vous respectez toutefois les règles de sociabilité en vigueur ici (sourire même quand vous avez envie de vous pendre, "good morning" tous les matins sans oublier personne, "Hi" dans la journée quand vous les recroisez, etc). Vous aurez alors droit à "Hey girl" dès votre arrivée, ou à un "scuse me sweetie" qui fait toujours un p'tit peu de bien le temps d'une seconde. C'est vrai que "sweetie" c'est agréable à entendre, non ?
- Quand vous emménagerez dans un nouveau quartier, les voisins qui vous verront déposer des meubles et autre nécessaire de survie dans l'appartement flambant rénové, viendront à vous pour se présenter, vous souhaitez la bienvenue et vous dire qu'ils sont enchantés que vous soyez là. Ce fut notre cas ce soir et nous sommes en sommes encore perplexes.

Bien sur, certaines règles sont ici des principes clefs qu'il convient de ne pas prendre à la légère et de respecter scrupuleusement :
- Ne soyez jamais en retard. Si vous pensez arriver 5 mn après l'heure fixée, téléphonez.
- Ne passez jamais devant quelqu'un dans une file d'attente : vous serez fixé par l'entourage avec mépris et de manière irréversible.
- Ne vous plaignez pas. Vous êtes ici dans un pays de travailleurs acharnés qui ne comptent pas leurs heures et ne comprennent pas que l'on puisse être fatigué un lundi.

C'est niais surement, tellement cliché surement, et c'est peut-être une façade bien sur, mais ça vous pousse à faire de même, à être meilleur, à être moins c.... .

jeudi 7 août 2008

Il faut quand même vous dire...

Il faut quand même vous dire un truc à propos de la Louisiane...Vous pensez peut-être (comme moi fut un temps déjà lointain) que Louisiane = Etats-Unis = Pays civilisé = Béton = Pas de bestiole.
Vous avez rarement eu aussi tort.
Les cafards courent les rues à la nuit tombée, ils sont gros comme des savonnettes et ceux-là, ils volent (!!!); les guêpes se sont laissé pousser les jambes de devant, ce qui leur donne un aspect spectral et venimeux des plus engageants ; les araignées - quoique moins "visibles" à la Nouvelle-Orléans que dans les bayous - sont de nature aussi diverses que tétanisantes (cf la désormais célèbre brown spider recluse) ; les serpents sont aussi nombreux que colorés et peuplent les cours d'eau; les fourmis de feu infligent des piqûres qui nécessitent parfois des antibiotiques pour résorber l'oedème et de la morphine pour calmer la douleur; et les moustiques... Ils vous sucent le sang jusqu'à aspirer du ligament...
Aussi, si subitement j'arrête d'écrire de nouveaux posts dans ce blog, sachez que je serai à l'hopital le plus proche en train de mourir du palu, de la malaria, d'une nécrose galopante ou d'une terreur irréversible, que je serai donc surement ruinée (voir prochainement le système de santé américain) et que j'aurais alors besoin de votre compassion la plus sincère.
Pour l'épitaphe : "Quand je vous avais dit qu'elle était venimeuse..."

Our house!






Dans la mesure où la générosité du school board quant à l'hébergement gracieux prend fin demain après-midi, il était grand temps, enfin, de trouver un chez nous. C'est chose faite.Cheminée dans toutes les pièces, parquet louisianais, cuisine équipée, charme, tranquillité. On est bien content.


La guest house



Quand vous quittez le stage de Baton Rouge, quelque soit votre paroisse d'affectation, le school board vous héberge pendant une semaine. Futurs collègues, parents d'élèves, hôtel. Nous, c'était la guest house. Et je me disais que vraiment, vous deviez voir ça avant les photos de notre nouveau chez nous. On admire et on se tait...